Le 14 juillet 1944 : nous sommes un mois après le débarquement et un mois avant la Libération de Paris. "Le comité parisien de libération (CPL) incite les Parisiens à exprimer leur révolte. A la veille du 14 juillet 1944, le CPL appelle à la population à une très forte mobilisation. L’objectif est de créer une atmosphère d’insécurité pour inquiéter l’adversaire et de mieux impliquer les foules parisiennes" (*).
Ainsi le 14 juillet 1944, des habitants du 14ème ont remonté la rue de Vanves sous la protection des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) alors que les forces allemandes occupaient toujours Paris.
4 juillet 2009 : Florimont décide de mettre en valeur cet événement d’il y a 65 ans par l’organisation d’un grand défilé populaire gai, festif et coloré. Ce défilé est émaillé d’étapes où sont présentés des spectacles de rue (chansons, théâtre, lectures, etc.). Pendant 5 mois, une équipe d’environ 100 bénévoles (artistique, technique, documentation, encadrement, communication, costumes, photographes, cuisine, etc.) a travaillé à la réalisation de ce défilé. S’y sont ajoutés les enfants d’un centre de loisirs - celui du 3bis, rue d’Alésia - qui, entre mai et juillet, ont fabriqué des banderoles et des fleurs en papier de toutes les couleurs. Ces dernières, avec des drapeaux de tous les pays, ont été distribuées au public tout au long du parcours.
La veille : l’affichage le long de la rue Raymond Losserand et chez les commerçants d’une fausse plaque rappelant la rue de Vanves (ancien nom de la rue Raymond Losserand). Florimont, à cette occasion, a travaillé avec les deux associations de commerçants : les Plaisanciers et le Village Losserand.
Cet affichage avait pour objet de mettre en valeur l’acte de résistants qui, dans la nuit du 23 octobre 1943 (un an après l’exécution de Raymond Losserand), ont débaptisé la rue de Vanves en rue Raymond Losserand (voir "Sur les pas de la Résistance).
Le lieu de l’action : la rue Raymond Losserand. Au mois de mars, l’équipe organisatrice a repéré les lieux. Afin de tenir compte des prescriptions de la Préfecture de Police, nous avons décidé de partir de l’angle du boulevard Brune au lieu de la couverture du périphérique. Et afin d’assurer une bonne logistique aux intervenants, nous avons choisi des endroits adaptés à des spectacles : le square Auguste Renoir, passage devant le 156, rue Raymond Losserand, le jardin de la place Raymond Losserand, un arrêt improvisé devant le 105, rue Raymond Losserand, l’angle de la rue Pernety et pour finir place Marcel Paul devant le Château Ouvrier.
Tout au long de ce parcours, diverses formes artistiques - réalisés le plus souvent par des amateurs - ont été produites. Toutes se sont appuyés sur un travail de documentation mené par l’équipe dédiée à cet événement et le recueil de témoignages de personnes ayant vécu cette période. Il y eut des récits et des lectures de textes, la diffusion de documents audio à partir de triporteurs prêtés par un commerçant du 14me et par une association de défense de la bicyclette, des chansons de l’époque (avec musique ou a capella) et deux expositions : une sur le programme du Conseil national de la Résistance et l’autre prêté par l’amicale des locataires du 156, rue Raymond Losserand, réalisée deux ans auparavant.
Par ailleurs, un commerçant de la rue Raymond Losserand, habitué à faire des expositions dans sa vitrine avait, pour l’occasion, de nouveau sorti celle qu’il avait faite sur la rue Raymond Losserand avec la photo de Losserand accompagné du texte de la chanson de Georges Brassens "Entre la rue Didot et la rue de Vanves". Chanson qui fait référence à la période d’occupation.
"Si la ville est un lieu où il y a plein de strates d’histoire", le but, à travers ce défilé comme à travers toutes les autres actions, a été de faire en sorte que les habitants s’approprient l’histoire du lieu où ils habitent par la connaissance de la résistance locale. Grâce aux pancartes sur lesquelles chacune portait le nom de résistants du quartier Plaisance morts au combat, fusillés ou en déportation, le changement de plaques de rue, la diffusion de messages codés de la BBC, etc.
L’autre façon pour que les personnes s’approprient cette histoire : leur participation au défilé. Pas seulement comme spectateurs mais comme acteurs de ce défilé. Certains/certaines ont joué des saynètes, lus des textes, chantés des chansons, etc. Ou encore se sont déguisés pour être dans la tonalité du moment. Florimont avait demandé - à chaque fois que cela était possible - aux gens de chercher dans leurs armoires des vêtements qui pouvaient donner l’impression que l’on était dans les années. De plus, une équipe de bénévoles, un mois avant, s’était rendu dans des friperies pour chercher des vêtements qui pourraient convenir. Par ailleurs, des accessoires type fleur en papier, foulards et brassards, des drapeaux et des pancartes (le tout confectionné par des bénévoles) ont été distribués pour donner une touche époque.
Après ce défilé, un pique-nique participatif a eu lieu dans le jardin derrière Florimont et a réuni environ 60 personnes pendant le reste de l’après-midi en attendant la pièce de théâtre "R’Existant" présenté le soir.
Les premiers retours . Merci de nous avoir rassemblé dans cette aventure humaine qui je crois a touché de nombreux habitants, que de belles voix nous avons entendues, beaux talents. . Faire quelque chose d’itinérant fonctionne très bien. Faire un temps fort en fin de projet est aussi une bonne idée, car il permet de rassembler les personnes qui se sont mobilisées au fil de l’année. Beaucoup de personnes avaient joué le jeu du costume ce qui rendait un temps particulier. Un gros bravo aux personnes qui ont fait les fleurs en papier et les foulards. Je constate encore une fois qu’autour du projet "Résistance" se sont mobilisés des personnes, qu’elles aient été présentes depuis le début ou nouvelles pour le 4 juillet. Il est rare de voir un projet d’une année mobiliser sur la durée. . J’ai aimé les séquences préparées par ls uns et par les autres. J’ai aimé le pique-nique, aller de table en table et parler avec les participants à l’événement. . Je tiens à vous dire bravo et merci pour la journée du 4 juillet. . Ce qui nous a plus c’est votre accueil, votre patience envers nos propositions, nos demandes diverses et variées. L’accompagnement techniques et la confiance sur le plan artistique nous ont été essentiels. Mille et un merci. En tant qu’association mais aussi en mon nom personnel, j’ai envie d’autres expériences avec vous.